Tu as vu passer ce nouveau mot partout sur tes réseaux sans trop savoir de quoi il s’agit ? Entre gourmandise, cocon familial et retour à la simplicité, la Butter Mum fait un carton. Mais avant d’adopter ce nouveau label, faisons le point ensemble : et si ce mode de vie n’avait finalement rien de nouveau pour toi ?
La Butter Mum s’impose sur TikTok et Instagram comme la nouvelle tendance lifestyle et maternité à suivre. Inspirée de l’esthétique chaleureuse des années 90, elle prône le retour aux choses simples : cuisine maison, gâteaux réconfortants, repas partagés et moments en famille loin des écrans. Face à cette vague de ralentissement et de slow living, une question revient sur toutes les lèvres : C’est quoi une Butter Mum et faut-il vraiment adopter cette tendance pour s’épanouir au quotidien ? Décryptage d’un phénomène qui réinvente des valeurs que tu incarnes peut-être déjà.
Au programme
- C’est quoi une Butter Mum ?
- Pourquoi cette tendance nous parle-t-elle autant aujourd’hui ?
- Entre nostalgie des années 90 et quotidien réel
- Et si nous connaissions déjà certaines de ses valeurs ?
- Faut-il vraiment devenir une Butter Mum ?
- Et si le véritable luxe était simplement d’être là ?
C’est quoi, une Butter Mum ?
Le terme Butter Mum, parfois écrit Butter Mom, s’est développé sur les réseaux sociaux dans le prolongement d’une autre expression bien connue : Almond Mom. Là où l’Almond Mom renvoie notamment aux restrictions alimentaires, au contrôle de l’alimentation et aux injonctions autour du corps, la Butter Mum propose une image presque opposée.
Le beurre est ici surtout symbolique. Il évoque une cuisine généreuse, les goûters maison, les aliments réconfortants et les repas que l’on prend le temps de partager.
Mais réduire la Butter Mum à la nourriture serait passer à côté de l’essentiel.
La tendance englobe un véritable univers : une maison chaleureuse plutôt que parfaitement minimaliste, des vêtements confortables, des activités manuelles, des enfants qui jouent dehors, moins d’écrans et des moments familiaux qui ne sont pas nécessairement organisés autour d’une performance ou d’une activité éducative.
Tu vois le tableau : une cuisine un peu désordonnée mais accueillante, des cookies qui sortent du four, des enfants qui rentrent les genoux sales après avoir joué dehors.
Rien de très spectaculaire.
Et c’est justement ce qui séduit.
La Butter Mum remet en scène une forme de quotidien que les réseaux sociaux ont parfois tendance à rendre invisible parce qu’il est trop banal pour devenir viral.
Pourquoi la tendance Butter Mum nous parle-t-elle autant ?
La Butter Mum apparaît à un moment où notre quotidien est particulièrement connecté. Nous travaillons, achetons, communiquons, nous informons et partageons une partie de notre vie depuis nos écrans.
Même la vie familiale est devenue un terrain de contenu. Routines du matin, repas des enfants, activités éducatives, chambres parfaitement rangées, goûters préparés avec soin : les modèles ne manquent pas.
Et lorsqu’il s’agit de parentalité, la liste peut rapidement devenir interminable. Une nouvelle méthode pour stimuler son enfant. Une nouvelle activité à proposer. Une nouvelle routine pour mieux gérer les matins. Une nouvelle organisation pour optimiser les journées.
Face à cette accumulation de conseils, la Butter Mum propose quelque chose de beaucoup moins ambitieux.
Un gâteau peut simplement être préparé parce qu’on en a envie. Une promenade peut rester une promenade. Un dimanche peut ne pas avoir besoin d’être rempli d’activités. Un repas peut être préparé uniquement pour faire plaisir à ceux que l’on aime.
Ce n’est pas nécessairement un rejet du monde moderne. C’est plutôt une réaction à l’impression que tout doit avoir un objectif, être optimisé ou, parfois, être montré.
La nostalgie des années 90, entre fantasme et réalité
C’est l’un des marqueurs les plus visibles de la Butter Mum.
Les années 90 apparaissent dans les recettes familiales, les goûters simples, les vêtements confortables, les maisons moins standardisées, les jeux dehors et l’idée d’une enfance où les écrans occupaient beaucoup moins de place.
Cette référence fonctionne parce qu’elle renvoie à une période que beaucoup associent à une certaine simplicité du quotidien.
Mais il faut évidemment garder un peu de distance avec cette nostalgie.
Les années 90 n’étaient pas une époque parfaite. Les mères étaient déjà fatiguées, les familles avaient leurs difficultés et les enfants n’étaient pas automatiquement plus heureux parce qu’ils n’avaient pas de tablette.
La nostalgie sélectionne.
Ce qui est intéressant n’est donc pas de savoir si les années 90 étaient réellement meilleures. C’est de comprendre ce qu’elles représentent aujourd’hui : des repas préparés à la maison, des après-midis moins programmés, des enfants qui passent du temps dehors et des souvenirs qui n’avaient pas besoin d’être photographiés ou publiés pour avoir de la valeur.
Un goûter pouvait simplement être un goûter. Une visite chez une proche pouvait simplement être une visite. Et un souvenir pouvait rester privé.
Une tendance qui remet des valeurs anciennes au goût du jour
C’est ici que notre regard de femmes musulmanes mérite d’entrer dans la conversation.
Il y a une petite ironie à voir certaines valeurs anciennes revenir sur les réseaux sociaux sous la forme d’une nouvelle tendance lifestyle.
On nous parle aujourd’hui de slow living, de générosité, de repas en famille, d’hospitalité, de simplicité et de gratitude comme de découvertes auxquelles notre époque aurait enfin pensé.
Mais notre tradition n’a pas attendu Instagram pour leur donner une place.
L’islam nous enseigne depuis longtemps une relation équilibrée à la vie : prendre soin des liens familiaux, honorer ses invités, être généreux, manger avec mesure, éviter le gaspillage et accorder de la valeur aux petites actions.
La Sunna du Prophète ﷺ nous donne justement l’exemple d’une vie où la simplicité n’est pas synonyme de pauvreté intérieure, où les relations humaines occupent une place essentielle et où les gestes ordinaires peuvent avoir une grande valeur.
L’hospitalité, par exemple, n’est pas une nouvelle esthétique à adopter parce qu’elle est devenue tendance sur Pinterest. Recevoir un proche, partager un repas ou offrir ce que l’on peut sont des valeurs profondément ancrées dans notre tradition.
De la même manière, prendre soin de sa famille, transmettre, manger avec modération ou apprécier les bienfaits du quotidien ne sont pas des concepts inventés par les réseaux sociaux.
Alors non, une femme musulmane n’a pas besoin de découvrir la Butter Mum pour apprendre à aimer une vie simple. Elle n’a pas besoin de TikTok pour connaître la beauté de l’hospitalité ou la valeur d’un repas partagé.
C’est justement pour cela que cette tendance mérite d’être observée plutôt qu’imitée.
La Butter Mum n’est pas un nouveau modèle à adopter. Elle donne surtout un nouveau nom et une nouvelle esthétique à des valeurs que beaucoup connaissaient déjà.



Et l’alimentation dans tout ça ?
Le nom même de la tendance nous ramène à la cuisine. Mais il serait dommage de réduire la Butter Mum aux tartines beurrées et aux recettes filmées.
Ce qui se joue derrière l’alimentation est surtout une envie de retrouver une relation plus simple avec les repas : cuisiner soi-même lorsque l’on peut, transmettre quelques recettes familiales, faire participer les enfants et prendre le temps de manger ensemble.
Cela peut aussi faire écho à notre rapport parfois compliqué à la nourriture.
À force de voir circuler des contenus sur les calories, les régimes, la minceur ou les aliments « interdits », manger peut finir par devenir une source de contrôle et de culpabilité. C’est notamment ce qui explique le succès des réflexions autour de la figure de l’Almond Mom et de la relation douloureuse que certaines femmes peuvent entretenir avec leur alimentation.
La Butter Mum se situe à l’autre extrémité de ce spectre. Elle remet davantage en avant le plaisir, le partage et le côté affectif de la nourriture.
Mais là encore, pas question d’en faire une nouvelle injonction.
Toutes les familles n’ont pas le temps de préparer chaque repas maison. Toutes les femmes n’aiment pas cuisiner tous les jours. Et une cuisine parfaite n’a jamais été un indicateur de bonheur familial.
L’intérêt de la tendance se trouve ailleurs : la nourriture peut aussi être un moment de lien.
Une recette transmise par une grand-mère, un plat préparé pour accueillir quelqu’un, un gâteau fait avec les enfants : la nourriture cesse alors d’être uniquement ce que l’on consomme. Elle devient un souvenir.
Faut-il vraiment devenir une Butter Mum ?
Non.
À force de transformer chaque tendance en nouvelle identité, nous finissons parfois par remplacer une injonction par une autre.
Hier, il fallait être parfaitement organisée. Aujourd’hui, il faudrait peut-être cuisiner tout maison, limiter les écrans, fabriquer les goûters, faire des activités manuelles et posséder une maison aux airs de film des années 90.
Même la simplicité peut devenir une performance.
Tu n’as pas besoin d’un panier en osier, d’une robe fleurie et d’un pain fait maison chaque matin pour avoir un quotidien qui te ressemble. Tu peux travailler, aimer la mode, utiliser ton téléphone, commander un repas lorsque tu es fatiguée et ne jamais faire de confiture maison.
La vraie question n’est donc pas : « Suis-je assez Butter Mum ? »
Mais plutôt : « Quelle place est-ce que je donne aux choses qui comptent vraiment pour moi ? »
Et cette réponse ne se trouve ni dans une vidéo TikTok, ni dans une esthétique particulière. Elle dépend de chaque femme, de chaque famille et de ce qu’elle souhaite réellement transmettre.
Et si le véritable luxe était simplement d’être là ?
Derrière les recettes, les vêtements et les références aux années 90, la Butter Mum révèle peut-être surtout une envie très contemporaine : retrouver un quotidien qui ne soit pas entièrement dicté par l’urgence.
Une maison vivante. Des enfants qui grandissent sans que chaque instant devienne une activité à documenter. Une invitation que l’on accepte sans avoir besoin que tout soit parfait. Un repas préparé pour faire plaisir, pas pour produire une belle vidéo.
Pour une femme musulmane, cette réflexion peut aller encore plus loin.
Si certaines choses que la Butter Mum remet à la mode nous sont déjà familières à travers notre tradition, peut-être que notre rôle n’est pas de courir derrière cette nouvelle esthétique.
Peut-être est-ce plutôt de regarder notre propre quotidien et de nous demander ce que nous voulons préserver.
Une recette de famille. Un repas partagé. Une porte ouverte à un proche. Une histoire racontée aux enfants. Une maison dans laquelle on peut vivre sans avoir peur qu’elle ne soit pas assez parfaite.
Ce sont peut-être ces choses-là qui méritent notre attention.
La Butter Mum passera peut-être à son tour. Une autre tendance prendra sa place, avec un autre nom, d’autres couleurs et d’autres codes.
Mais certaines aspirations resteront : cuisiner pour ceux qu’on aime, accueillir, transmettre, partager et créer des souvenirs.
Alors, peut-être que tu n’es pas une Butter Mum.
Et peut-être que tu n’as pas besoin de le devenir.
Peut-être que certaines choses qu’elle remet à la mode faisaient simplement déjà partie de ce que tu voulais préserver.
Qu’est-ce qu’une Butter Mum ?
La Butter Mum est une tendance lifestyle qui valorise la cuisine maison, les repas partagés, les activités simples, une vie moins centrée sur les écrans et une certaine nostalgie des années 90. Elle ne désigne pas forcément une mère : le terme renvoie plus largement à un univers et à une façon d’envisager le quotidien.
D’où vient l’expression Butter Mum ?
L’expression Butter Mum, ou Butter Mom, s’est développée sur les réseaux sociaux en contraste avec le terme Almond Mom. Le beurre y symbolise une relation plus généreuse à la nourriture et, plus largement, un quotidien chaleureux.
Quelle est la différence entre Butter Mum et Almond Mom ?
L’Almond Mom est associée aux restrictions alimentaires et aux injonctions autour du corps. La Butter Mum renvoie au contraire à une approche plus réconfortante de la nourriture, de la cuisine et du quotidien.
Pourquoi la Butter Mum fait-elle référence aux années 90 ?
La tendance reprend certains éléments associés à cette époque : cuisine familiale, goûters maison, jeux dehors et moins d’écrans. Il s’agit surtout d’une nostalgie de ce que les années 90 représentent aujourd’hui : davantage de simplicité et des souvenirs moins exposés aux réseaux sociaux.
Faut-il devenir une Butter Mum ?
Non. La Butter Mum est une tendance, pas une nouvelle identité ni une nouvelle façon d’être une « bonne » mère. L’idée est plutôt de retenir ce qui fait sens pour soi et de laisser le reste.

