Il y a cette phrase que nous prononçons presque toutes, souvent sans y penser, comme un constat partagé entre femmes musulmanes :
« Le temps passe trop vite. »
Nous la disons en fin de journée, fatiguées. Nous la pensons en regardant l’heure, surprises qu’il soit déjà si tard. Et nous la ressentons encore plus fort quand Ramadan arrive… avec cette impression que le mois béni défile sans que nous ayons vraiment le temps de le vivre. Nous faisons beaucoup. Nous gérons, nous anticipons, nous portons. Nous accumulons des missions visibles et invisibles, familiales, mentales, émotionnelles.
Et pourtant, malgré cette agitation constante, un sentiment revient : « je n’ai pas le temps. Pas le temps pour moi.
Pas le temps pour ce qui m’apaise. Pas le temps pour Allah comme je le voudrais. »
Alors la culpabilité s’installe :
– Culpabilité envers soi-même.
– Culpabilité envers les autres.
– Culpabilité spirituelle aussi, quand on se dit que Ramadan passe… et que notre rapport au temps reste le même.
Quand le rapport au temps devient une source de pression pendant Ramadan
Pour beaucoup de femmes musulmanes, Ramadan est attendu comme un mois de renouveau. Mais il devient parfois un mois de pression supplémentaire. Faire plus. Mieux s’organiser. Ne rien rater. Optimiser chaque minute.
Le problème n’est pas toujours le manque de temps réel. Il est souvent dans notre rapport au temps.
- Un temps subi.
- Un temps qui file.
- Un temps rempli par les attentes des autres.
Et même celles qui n’ont pas des journées surchargées peuvent ressentir ce même vide :la journée passe, sans qu’elles ne sentent la baraka ni la présence.
Vivre Ramadan autrement commence peut-être ici : en changeant notre manière de vivre le temps, et non notre manière de le remplir.
La baraka : quand le temps devient habité
La baraka n’est pas une question de quantité. Ce n’est pas faire plus d’adorations, plus de tâches, plus d’efforts. La baraka, c’est un temps habité, un temps vécu en conscience, un temps relié à une intention. Une action simple, faite avec présence, peut contenir plus de baraka qu’une journée entière passée dans la dispersion.
C’est cela, vivre le temps autrement ce Ramadan.
Vivre Ramadan autrement : ralentir intérieurement, même quand la vie reste dense
Vivre le temps autrement ne signifie pas tout arrêter. Cela signifie ralentir à l’intérieur.
- Être là quand on cuisine.
- Être là quand on s’occupe de sa famille.
- Être là quand on travaille.
- Être là quand on invoque Allah, même brièvement.
Ce n’est pas moins faire. C’est faire avec sens. Quand le cœur ralentit, le temps cesse de fuir.
Redonner une intention à nos journées de Ramadan
Nous parlons souvent de l’intention avant les actes. Mais avons-nous déjà posé une intention sur notre journée entière ? Et si, chaque matin de Ramadan, nous nous demandions : Comment ai-je envie de vivre mon temps aujourd’hui ?
- Dans l’apaisement.
- Dans la gratitude.
- Dans la douceur envers moi-même.
Quand le temps est orienté par une intention claire, la baraka s’y installe naturellement.
Charge mentale, culpabilité et baraka oubliée
Beaucoup de femmes portent tout, sans déléguer. Par habitude, par amour, par exigence envers elles-mêmes. Mais s’épuiser, c’est souvent perdre la baraka. Ramadan n’est pas un mois de perfection. C’est un mois de réajustement.
- Accepter de faire moins.
- Accepter l’imparfait.
- Accepter de se préserver.
Ce sont aussi des actes spirituels.
Pour celles qui courent… et celles qui se sentent perdues dans le temps
Cet article s’adresse à celles qui vivent à 100 à l’heure. Mais aussi à celles qui sentent que leur temps leur échappe. Vivre le temps autrement ce Ramadan, c’est retrouver une direction intérieure. Quand le temps a un sens, il cesse de nous glisser entre les doigts.
Ce Ramadan, choisir un rapport apaisé au temps
- Pas une organisation parfaite.
- Pas une to-do list spirituelle culpabilisante.
Mais un rapport doux, conscient et relié.
- Sentir ce que l’on fait
- Laisser la baraka circuler
- Se libérer de la culpabilité
- Se rapprocher d’Allah sans se violenter
Vivre le temps autrement ce Ramadan, c’est peut-être enfin se réconcilier avec soi-même.
La Rédaction Sisters mood.
